L’église Saint-Remy d’Auneau se distingue par l’ancienneté et la singularité de son implantation. Édifiée sur une ancienne fontaine druidique considérée comme un sanctuaire dès l’époque gauloise, elle perpétue une continuité rare entre culte païen et culte chrétien. La source, christianisée sous le vocable de Saint Maur, devint le cœur d’un pèlerinage réputé pour ses guérisons de paralysies et d’épilepsies, actif du XVIIᵉ au XIXᵉ siècle. Une niche au centre de l’autel abritait autrefois la châsse de Saint Maur, encadrée de deux pèlerins sculptés en adoration, rappelant l’importance religieuse du lieu. Cette implantation sacrée explique aussi la position isolée de l’église, demeurée sur son site originel tandis que le bourg médiéval se recentrait autour du château et des axes marchands.
L’édifice témoigne de l’histoire d’Auneau, autrefois siège d’une puissante seigneurie tenue par les Gallardon puis par Bureau de la Rivière, chancelier de Charles V. D’origine romane (XIIᵉ siècle), l’église conserve une abside hémisphérique, un clocher carré sur le chœur et une façade occidentale remarquable avec portail à voussures, archivoltes et modillons sculptés. Les XVe et XVIe siècles virent l’ajout de bas-côtés, de chapelles latérales asymétriques et d’une tourelle d’escalier. Au XIXᵉ siècle, l’intérieur fut orné d’un décor peint néogothique, précieux pour comprendre l’évolution de la piété locale. En 2026, la réfection des charpentes et des couvertures du versant nord assurera la pérennité de cet ensemble.
Toujours vivante, l’église Saint-Remy demeure un lieu de culte actif, rattaché au diocèse de Chartres et à la paroisse Bienheureuse Marie Poussepin. Elle accueille régulièrement des messes dominicales ainsi que des concerts.