L’église Saint-Martin à Arnèke présente le plan caractéristique des hallekerke, avec trois nefs parallèles d’égale hauteur se terminant par des absides à pans et précédées d’une puissante tour quadrangulaire adossée à la nef centrale. Haute de trente mètres, cette tour, l’une des plus imposantes de la région, domine le paysage par sa masse de briques rouges, ses contreforts entièrement maçonnés et les motifs géométriques, croisillons et croix de Saint-André qui ornent sa façade nord. L’extérieur, volontairement sobre, s’accorde aux murs de briques d’un rouge très accentué, tandis que l’intérieur offre une atmosphère lumineuse grâce aux grandes fenêtres latérales et aux voûtes lambrissées dont la légèreté renforce la clarté de l’ensemble.
L’histoire de l’édifice remonte à un premier sanctuaire en bois du IXᵉ siècle, remplacé au XIIᵉ siècle par une église en pierre, avant d’être détruit à deux reprises lors de la révolte des « Gueux » contre Philippe II d’Espagne dans la seconde moitié du XVIᵉ siècle. Reconstruite ensuite, l’église porte encore les dates de 1594 sur le pignon de la nef sud et de 1609 sur la nef nord, et fut finalement consacrée en 1626.
Le maître-autel, entièrement sculpté dans un bois doré rehaussé de miroirs, s’élève comme un écrin lumineux. Il porte un vaste tabernacle encadré de deux anges en adoration. Plus haut, un retable monumental déploie une riche composition : saint Charles Borromée devant la croix, l’Agneau mystique sur le livre aux sept sceaux, Dieu le Père entouré d’anges et la colombe du Saint-Esprit. Au sommet, le plafond offre l’apothéose de saint Martin, patron de la paroisse.
L’église Saint-Martin à Arnèke relève du diocèse de Lille et fait partie de la paroisse Saint-Martin du Val de la Peene. La messe dominicale y est habituellement célébrée, mais depuis mai 2024 l’édifice est fermé pour deux ans et demi afin de mener un vaste chantier de restauration des trois nefs.