L’église Saint-Georges du Prieuré se dresse dans une position dominante au pied du massif de la Chartreuse, sur une voie de passage médiévale reliant Chambéry aux vallées alpines. Elle s’inscrit dans le paysage remarquable de la Combe de Savoie, zone charnière entre la Savoie Propre et le Grésivaudan, où se déploient vignobles en terrasses, murets traditionnels, cépages anciens comme la Mondeuse ou la Jacquère, sous la présence imposante du Mont Granier, falaise emblématique du piémont chartreux.
La Grande Chartreuse, fondée en 1084, a profondément marqué ce territoire.. L’église actuelle est l’héritière d’un prieuré fondé en 1110 par saint Hugues Ier, évêque de Grenoble, et confié aux chanoines réguliers de Saint-Augustin. Dès 1129, un premier prieur est attesté, et le site devient une entité seigneuriale ecclésiastique, exerçant un pouvoir spirituel et temporel sur la région. L’ensemble prioral, aujourd’hui disparu, était fortifié, doté de fossés, de tours et d’une maison forte du prieur, ce qui en faisait un complexe unique dans la Combe de Savoie. L’église reconstruite aux XIVᵉ et XVᵉ siècles conserve l’essentiel de son architecture médiévale : maçonnerie en pierre, clocher-tour massif, sobriété extérieure parfaitement intégrée au paysage. Classée Monument Historique en 1952, elle compte parmi les églises rurales les plus remarquables de Savoie.
Si l’extérieur séduit par sa simplicité, l’intérieur est exceptionnel : richesse artistique, cohérence stylistique, atmosphère spirituelle forte. L’église abrite un mobilier baroque savoyard de grande qualité, un très grand nombre d’objets classés, dont le célèbre retable du Rosaire à quinze bas-reliefs, ainsi que tableaux, statues, orfèvrerie et ex-voto témoignant d’une piété populaire vivante. Relevant de la Paroisse Sainte-Trinité (Diocèse de Chambéry, Maurienne et Tarentaise), elle accueille messes ponctuelles, pèlerinages, rosaires et célébrations familiales. Des travaux récents ont restauré toitures et façades de la nef, des chapelles latérales et des sacristies, préservant ce témoin majeur du patrimoine religieux savoyard.